🚫 5 clichés sur le rôle de patient... et pourquoi ils ne reflètent pas la réalité

Publié le 12 janvier 2026 à 07:05

Quand on vient consulter un psy, on n’arrive pas seulement avec ce que l’on vit.  On arrive aussi avec tout un ensemble d’idées sur ce que devrait être un « bon patient ». Alors, soyons clairs : en réalité, on ne vient jamais “en tant que patient”, mais toujours en tant que personne. Une personne avec son histoire, ses ressources, ses fragilités, ses contradictions, et sa manière bien à soi d’être au monde. 

Alors prenons un instant pour identifier quelques clichés fréquents sur cette posture de "patient" — et observer en quoi ils diffèrent de la réalité du travail thérapeutique.

1. « Un bon patient sait expliquer clairement ce qui ne va pas »


Il n’y a pas de bonne façon d’être patient. Pas besoin de parler clairement, dans l’ordre, ni d’avoir réfléchi toute la semaine à ce que vous allez dire. Les silences, les hésitations, les phrases qui partent dans tous les sens font aussi partie du travail.

Ici, vous pouvez être confus·e, flou·e, contradictoire. C’est souvent là que les choses intéressantes apparaissent.

 

2. « Il faut que ce soit grave pour consulter »

“Ce n’est pas si grave”, “D’autres vivent pire”, "Comme tout le monde, finalement..."
Comparer sa souffrance à celle des autres est très courant dans les premières consultations.  Pourtant, ce que vous ressentez a de la valeur en soi, indépendamment de ce que vivent les autres.  Votre vécu n’a pas besoin d’être grave, urgent ou spectaculaire pour être légitime et mérité d'être accueilli. Ce qui compte, ce n’est pas une éventuelle gravité “objective”, mais l’impact que cela a sur vous. Il n'y a pas de hiérarchie du ressenti.

3. « Je dois parler tout le temps »

 

Le temps de consultation n'est pas un monologue obligatoire. Certaines séances sont très bavardes.  D’autres sont plus calmes, plus lentes. D'autres encore sont actives, avec des exercices, des jeux, des visualisations...  Chercher ses mots, se taire un moment, respirer…  Tout cela a sa place.

Le silence aussi peut être plein de sens, y compris s'il vous semble inconfortable.  Parfois, ne rien dire est déjà dire quelque chose. Et c’est parfaitement OK.

4. « Je dois gérer/réduire mes émotions  »

 

Vous pleurez ? Vous riez nerveusement ? Vous êtes en colère ?  Pas besoin de dire pardon. Tout cela fait partie du langage émotionnel.

Les émotions ne sont ni trop, ni pas assez. Elles sont des informations. Il n'y a rien à justifier, rien à corriger. Elles ont le droit d’exister sans justification au sein du cabinet. Les émotions ne sont pas un problème à régler, mais des signaux à écouter.

 

5. « Je dois aller mieux après la consultation »

 

C’est une exigence fréquente, parfois silencieuse, qui peut peser autant sur la personne qui consulte que sur le thérapeute.  Et pourtant, une séance n’a pas pour fonction de “faire aller mieux” immédiatement.  Elle peut aussi remuer, ouvrir des questions, mettre en lumière des zones sensibles voire parfois créer un léger inconfort passager.  Ces mouvements ne sont pas des signes d’échec.
Ils indiquent souvent que quelque chose est en train de se travailler, même si le soulagement n’est pas immédiat.  Aller mieux n’est pas toujours un état qui s’évalue à la sortie d’une séance, mais un processus qui se déploie dans le temps, parfois de façon discrète et non linéaire.

En consultation, il n’y a rien à réussir.
Juste un espace pour être là, tel·le que vous êtes, au rythme qui est le vôtre. 
Mon rôle est d’accompagner ce mouvement, sans jugement et sans pression.